
Le Nanomerism, c'est quoi ? Un chemin au cœur de la non-dualité dynamique
Dernière mise à jour : il y a 18 heures
J'ai longuement médité avant de trouver ce nom. Cette appellation m'est venue à l'esprit afin de définir ma musique. Le Nanomerism, c'est plus qu'un genre, plus qu'un style. C'est avant tout une manière d'écouter. (Pub : Vous pouvez d'ailleurs écouter le nouvel album « Nanomerism Non-Dual Dynamism » sur vos plateformes favorites)
En fait, le Nanomerism, c'est une pratique d'écoute méditative. À notre époque, on est submergé de musique, et de fait, plus grand monde ne prend le temps d'en écouter. On prend même de moins en moins le temps de l'apprendre. Et au niveau de la création, les nouvelles technologies ne laissent pas forcément présager une place pour ceux qui auraient envie d'écrire la musique « à l'ancienne ».
Mais mon idée est simple, la musique s'écoute ! Ça va plus loin que ça n'en a l'air. Étant à la fois « musicien et yogicien », j'ai rencontré tellement de gens qui écoutent avec leur mental, aimant ou n'aimant pas selon des critères, des critiques musicaux, des références, des influenceurs et tant de choses où on n'aime ou on n'aime pas avant même d'avoir écouté une note. Tellement d'élèves aussi, qui pratiquent leur instrument avec le mental, sans prendre de plaisir. Et parfois même les musiciens s'y mettent et mentalisent le boulot.
Mais de mon point de vue, la musique ne s'arrête pas à l'oreille. Elle atteint les cellules, celles du musicien et celles de l'auditeur. Nos cellules sont vivantes, elles répondent, elles émettent. Quand on écoute à ce niveau-là, la musique n'est plus là-bas, sur scène ou dans des écouteurs, mais elle se produit en nous. Et c'est là que la musique nous fait quelque chose.
J'ai toujours pensé que la musique n'existe que parce qu'elle est écoutée. L'onde sonore, c'est de la physique, de la théorie. La musique, elle, est une relation. Sans écoute, il n'y a pas de musique ! Le musicien l'écoute, l'auditeur l'écoute.
Cependant, il n'y a pas deux musiques, l'une jouée et l'autre entendue. Il y a un seul événement, et ça passe par l'écoute. Le son joué est un stimulus. La musique est ce qui se produit quand ce stimulus rencontre un corps qui le reçoit. Un seul processus, pas deux. Et ce n'est pas qu'un corps, ce sont des milliards de cellules qui, dans ce corps, vivent cette musique.
De plus, on ne sait plus qui écoute, ni ce qui est écouté. La frontière entre qui émet et qui perçoit ne se fixe jamais. Ça ne cesse de bouger. (Bon, je vous la fais courte et je ne rentre pas dans le détail de savoir si c'est d'abord le son qui est perçu par la cellule ou si c'est la cellule qui vous fait percevoir le son, sourire)
Donc, pour rester concis, c'est la qualité de l'écoute qui définit ce qu'est la musique. Le même son, écouté nanoméristement, n'est pas le même son pour deux personnes différentes. Le vécu intérieur n'est jamais le même, et c'est ça qui me semble aujourd'hui plus que jamais faire défaut. Même la même personne, écoutant deux fois de suite la même pièce, ne peut pas avoir les mêmes sensations si elle écoute avec attention, avec l'attention non pas portée sur la musique, mais sur ce que ses cellules émettent et ressentent. Ce n'est pas seulement un feeling, ce n'est pas seulement un sentiment (nos sens sont limités), c'est cellulaire : le nombre de cellules en jeu fait qu'il y aura toujours une différence. On commence ainsi à vraiment être en connexion avec la musique. Tout le travail de l'auditeur est là : apprendre à écouter, apprendre à percevoir. Et je ne parle même pas de l'intensité et du rythme de la respiration, qui jouent aussi, mais ça, c'est pour un autre jour.
C'est ce que j'appelle Non-Dual Dynamism (non-dualité dynamique). Un état, oui, mais un état en constant renouvellement. Chaque vibration modifie la réceptivité du corps, qui à son tour recadre la perception de la vibration suivante. Le son et le corps ne cessent de se répondre. Rien ne se fixe. Ce n'est pas un dépassement métaphysique, mais une redéfinition des coordonnées de l'écoute.
La musique nanomériste ne cherche pas à faire tomber dans l'illusion de plénitude, elle ne cherche pas à être belle et aseptisée, calibrée. Ce n'est pas un simple fond sonore. Elle invite à une réaction, à une méditation, à un état des lieux sur notre ressenti, sans pour autant devoir s'y attacher. On observe ce qui se passe. L'expérience est telle qu'elle est et elle est parfaite comme elle est.
Bref, l'écoute se transforme en une exploration cellulaire interactive, sans passer par le mental, sans être inattentif. On écoute, on ressent, on observe.
Je ne dis pas que c'est facile, et comme pour le musicien devant pratiquer avant de pouvoir jouer convenablement (si, si, je vous assure), l'écoute nanomériste s'apprend, ou disons tout du moins, prend du temps. En fait déjà en se focalisant sur sa respiration, on a déjà un bon début. Certains auditeurs vont interagir avec ce monde invisible cellulaire très facilement, d'autres moins. (Deuxième page de pub : Si vous désirez en savoir plus, contactez-nous, chez DixMusique et DixYoga, nous nous ferons un plaisir de vous en dire plus)
Ma musique est conçue sur ce principe, elle guide l'auditeur dans son écoute. Elle aurait pu essayer d'être la plus jolie possible, elle a préféré chercher à être utile.
Alors allongez-vous, ou trouvez-vous un bon endroit pour s'asseoir convenablement, et bonne écoute.
À propos de l’auteur
Benoit Stasiaczyk est compositeur et improvisateur, professeur de musique et professeur de yoga certifié Yoga Alliance. Il est le fondateur du Nanomerism, une pratique d'écoute méditative qui rend perceptible la non-dualité dynamique.

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