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La non-dualité dynamique

il y a 9 heures
3 min de lecture

La non-dualité, en général, est présentée comme un état. On y accède, on y demeure, on y trouve la paix. C'est une destination.

Mais cette présentation prête souvent à sourire. Les détracteurs de la non-dualité ont une objection toute prête : « Ah, tu es non-duel ? Donc tu n'existes pas ? Donc quand tu te cognes, tu n'as pas mal ? » C'est une moquerie, mais elle touche un point juste. Si tout est un, alors qu'est-ce qui souffre quand on souffre ?

La réponse habituelle est de dire que la douleur est une illusion. Mais ça ne convainc personne, et surtout pas celui qui a mal.


C'est là que la non-dualité dynamique change quelque chose. Elle ne dit pas que tout est un. Elle ne dit pas que les distinctions n'existent pas. Elle dit qu'elles appartiennent à un certain régime de perception, l'état le plus immédiat, celui dans lequel on vit sans y prêter attention. On peut accéder à un autre degré de perception, où ces distinctions ne disparaissent pas, mais cessent d'être fixées.

C'est ce que j'appelle Non-Dual Dynamism.

Ce qui change tout. Si la non-dualité est un état stable, alors elle est hors du temps, et il faut nier le corps, la douleur, l'expérience concrète, pour y accéder. Si elle est dynamique, alors elle est dans le temps. Elle bouge. Elle se renouvelle. Et le corps, la douleur, l'expérience concrète, en font partie. Ils ne sont pas l'obstacle. Ils sont le terrain.


Ce qui veut dire qu'on ne peut pas la saisir. À l'instant où on croit la tenir, elle a déjà bougé. Elle n'est pas un objet de connaissance. Elle est un processus à observer. Pas une destination. Un processus. Si le processus est adéquat, la destination est assurée. Non pas comme une récompense, mais comme une conséquence. Le mouvement n'est pas laissé au hasard. Il y a un ajustement à trouver, à chaque instant. Il ne s'énonce pas d'avance. Il se reconnaît en marchant.


Mais attention : ce n'est pas le mental qui fait ce travail. Si c'est le mental qui mène, il y a interférence. Il commente, il juge, il anticipe. Il ajoute une couche qui empêche l'ajustement de se faire. Ce n'est pas non plus l'instinct seul. Si c'est l'instinct qui mène, il y a dérive. Il ramène tout à l'immédiat, à la réaction, à l'animalité. L'ajustement n'est ni mental, ni instinctif. Il est dans une attention qui perçoit sans commenter, qui sent sans se laisser emporter.


La musique en est un bon exemple. Elle n'a pas d'existence propre. Elle n'existe que dans la rencontre, dans l'écoute. Sans écoute, il n'y a que du son. La musique advient dans la relation, et elle advient dans le temps. Mais la musique n'est qu'un outil parmi d'autres. Ce qui compte, ce n'est pas la musique en soi, c'est la qualité d'attention qu'on porte au son. Plus l'attention s'affine, plus chaque son devient musique. Un bruit, un silence, une respiration : tout devient matière à écouter.


Et il y a peut-être là quelque chose de plus important encore. La non-dualité ne vient pas de la fusion des deux. Elle vient du déplacement du point de fixation. On ne se fixe plus sur les rôles, celui qui joue et celui qui écoute, mais sur la connexion qui s'établit entre eux. Et cette connexion n'est jamais figée. Elle bouge. Elle se renouvelle. C'est cela, la non-dualité dynamique. Pas un état à atteindre. Un processus à percevoir. Et il est déjà là, en train de se faire, à chaque instant.


À propos de l'auteur

Benoit Stasiaczyk est compositeur et improvisateur, professeur de musique et professeur de yoga certifié Yoga Alliance. Il est le fondateur du Nanomerism, une pratique d'écoute méditative qui rend perceptible la non-dualité dynamique.

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